
Grippe aviaire : la mise en liberté surveillée des poulets de Bresse bientôt autorisée
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pic de contamination des oiseaux sauvages par le virus H5N1 étant
passé, selon la directrice des services vétérinaires du département, le
préfet de l'Ain, M. Michel Fuzeau, vient d'annoncer la possibilité de
remettre en vigueur le régime dérogatoire dont avaient bénéficié les
volailles de Bresse avant le déclenchement de la crise à la mi-février.
Ainsi
les volailles d'appellation d'origine contrôlée et le label de la zone
Bresse, classée en zone de surveillance, auront la possibilité de
retrouver, partiellement, les parcours extérieurs qui font partie
intégrante des conditions d'élevage. La mesure pourrait être applicable
d'ici dix à quinze jours.
Pour la valider, les autorités de
l'État, appuyées par les services vétérinaires et l'Agence française
pour la sécurité sanitaire des aliments (Afssa), doivent poursuivre des
prélèvements sur la faune sauvage, principalement des corbeaux et des
buses. Il s'agit de savoir s'ils sont porteurs sains du virus et, de ce
fait, à même de le transmettre.
"Une cinquantaine d'oiseaux ont été analysés. Il faudra en prélever 300 pour avoir des certitudes",
indique M. Thierry Bonnet, directeur du cabinet du préfet de l'Ain.
Depuis la mi-février le laboratoire national de référence pour
l'influenza aviaire de l'Afssa, situé à Ploufragan (Côtes-d'Armor), a
analysé près de 150 cas d'oiseaux sauvages, dont 50 positifs, porteurs
du H5N1. L'essentiel venait de la Dombes.
La semi-liberté que
pourrait recouvrer le cheptel des éleveurs professionnels (les
poulaillers des particuliers doivent rester confinés) ne pourra se
faire qu'avec l'instauration de mesures sanitaires draconiennes : pose
de clôtures, absence totale de mangeoires, abreuvoirs et points d'eau
naturels sur les parcours, interdiction d'échange entre élevages
(matériels, oiseaux vivants), limitation des accès aux parcours et aux
bâtiments d'élevage avec maintien de l'utilisation des pédiluves et des
combinaisons de protection, surveillance vétérinaire mensuelle, etc.
CRÉDITS DISPONIBLES
De
fait, il ne s'agit pas de déconfinement, mais d'un retour aux
dispositions de l'arrêté ministériel du 24 octobre 2005, avec des
conditions "durcies". "Le confinement reste la règle et les dérogations l'exception", a souligné M. Fuzeau.
La
Dombes, principalement la zone de protection, c'est-à-dire la région de
Villars, où vient d'être retrouvé un nouveau cygne mort du virus H5N1
(le 38e lot d'oiseaux positifs depuis le 17 février) et la
région de Versailleux, où avait été contaminé un élevage de 11 000
dindes, restent totalement confinées.
Le retrait volontaire (il
s'agit de volailles que les éleveurs ont choisi d'abattre sans les
commercialiser) continue. Sur un total de 950 000 bêtes, 500 000
seraient concernées, indique M. Régis Janichon, éleveur et président de
la filière volaille de la FDSEA, seraient concernées.
Quant aux
indemnités promises, elles arrivent progressivement, une fois remplis
les dossiers : 148 ont été éligibles aux avances de trésorerie
relatives aux vides sanitaires et 96 000 euros ont été versés.
Quarante-sept éleveurs ont déposé des demandes dans le cadre des
mesures de retrait. "A ce jour, indique M. Janichon, 22 dossiers sont complets. Une dizaine d'entre eux devraient être mis en paiement cette semaine."
"Les crédits sont disponibles", affirme M. Bonnet. Normalement, la filière volaille de l'Ain devrait bénéficier d'environ 3 millions d'euros.